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Voici Shibuya et son passage clouté en diagonale, rendu célèbre par le film Lost in Translation de Sofia Coppola. Le lieu en lui même n'est guère impressionnant. Mais il le devient dès lors que les piétons entrent en scène, telle une marée humaine se déversant sur la chaussée.
Temple du shopping le jour, du divertissement la nuit, Shibuya est certainement le quartier le plus fréquenté de Tokyo. Les Japonais se donnent tous rendez-vous au pied de la statue de Hachiko, érigée en mémoire de ce chien fidèle qui attendit son maître à cet endroit pendant douze ans.
J'ai profité de ma visite dans le coin pour faire un tour à la boutique Junie Moon où sont vendues les poupées Blythe. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis une inconditionnelle des jouets et gadgets japonais. Je collectionne les poupées Petite Blythe depuis mon premier voyage au Japon et, grâce à cette escapade tokyoïte, j'en possède désormais 97, dont des modèles limités à 1500 ou 3000 exemplaires dans le monde.
Passées inaperçues lors de leur sortie aux Etats-Unis en 1972, les poupées Blythe ont gagné leur popularité au Japon à la fin des années 90 grâce à la photographe Gina Garan, qui eut la bonne idée de les photographier en situation dans un environnement humain. Depuis, elles sont régulièrement utilisées ici pour des campagnes publicitaires, que soit sous forme de spots télévisés ou d'affiches. Eh oui, le kawaii fait vendre !
Il en existe deux sortes : la Neo Blythe, une poupée de 28 cm de haut dont on peut changer la couleur des yeux en tirant sur une corde à l'arrière de la tête, et la Petite Blythe, sa soeurette de seulement 12 cm. Elles sont déclinées en plein de thèmes différents, certaines sont même vêtues de jolis kimonos créés par des grands noms de la mode japonaise.
Ce jour-là, la boutique Junie Moon accueillait aussi une exposition de grenouilles rigolotes. Pas le droit de prendre des photos, évidemment... Même après m'avoir extorquée de mes derniers deniers, la vendeuse n'a pas cédé à mon "Shashin o totte mo ii dess ka ?" enrobé d'un sourire ravageur ! Qu'à cela ne tienne, celles là, je les ai volées pour vous, lecteurs adorés ;)
N'oublions point le but de notre venue à Tokyo. En effet, Hélène et moi
sommes montées à la capitale ce week end là en quête du Saint Graal, à
savoir l'ultime concert du groupe japonais bis.
Je vous avais déjà parlé d'eux dans un article précédent. Et bien après seulement quatre années d'existence, le groupe a décidé de se séparer. J'avais pourtant eu un vrai coup de coeur pour leur style particulier, mélange de rock, de métal, de ska et de hip hop, ainsi que pour la voix écorchée de Maru et sa façon incroyable de rouler les "r", pas facile pour un Japonais ! J'aimais bien leur côté rebelle, leur volonté d'arracher cette étiquette de groupe Visual Kei qu'on leur avait collée à tort à leurs débuts, les forçant à se maquiller et à se déguiser en filles pour rentrer dans la norme.
Quelques 300 fans (si si, c'est beaucoup pour un groupe indépendant !) étaient réunis ce soir là au Holiday Shinjuku pour applaudir leur dernière performance. Et quel concert ! Trois heures de riffs endiablés et de pogottage à go go. On a même eu droit à une reprise de "Ruby Soho" du groupe Rancid, l'hymne de mes années lycée. Par contre, je voudrais m'insurger contre les pala-pala. Ca va bien un moment pour rigoler, mais je trouve incroyable que dans une société aussi codifiée que la société japonaise, le comportement qu'on doit adopter à un concert soit aussi systématisé. Ben oui, tout le monde n'a pas envie de faire des papillons ridicules avec ses doigts !
Je vous laisse sur une vidéo du groupe tournée en partie lors de leurs concerts de l'été dernier à Tokyo. La chanson s'appelle "Shibuya, Shinjuku, Ikebukuro", maintenant vous savez de quoi il est question !
まる、俊介、せいか、つかさ、ラストライブがめっちゃすばらしくて、ありがとう。。。。。。ああああ、bis が恋しくなってくるよね。馬鹿 is NOT DEAD !
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