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Au Japon, quand on est étudiant (et fauché !) et qu'on veut se rendre à la capitale, la meilleure solution reste de prendre le bus de nuit. C'est donc à bord d'un bus Harvest Tour qu'a débuté notre week-end à Tokyo. Rien à voir malheureusement avec ce bon shinkansen (le TGV local) : oubliés les deux heures de trajet, les fauteuils moelleux dignes d'une première classe française et les contrôleurs qui saluent le wagon à chaque passage. Place aux sièges-briseurs-de-reins et au chauffeur qui rallume sauvagement la lumière alors que vous venez à peine de vous assoupir, tout ça pour la pause-pipi ! Arrivée à quatre heures et demi du matin dans un quartier de Shinjuku presque désert. Point de néons tapageurs à l'horizon, à croire que nous ne sommes pas vraiment à Tokyo. Petit à petit, la vie reprend. Les travailleurs matinaux et les fêtards de la veille se pressent pour attraper le premier métro. Il est temps pour nous aussi de nous dégourdir un peu les jambes, direction le marché aux poissons de Tsukiji, au sud-est de la ville. C'est ici que les poissons sont mis aux enchères chaque matin, entre cinq heures et sept heures. Malheureusement, cette partie n'est pas ouverte au public. Cependant, on est libre de se balader dans le marché extérieur où sont rassemblés les poissonniers qui fournissent les restaurants, et quelques échoppes qui préparent les sushis les plus frais de tout Tokyo. A peine arrivé, on se rend compte de la frénésie qui règne dans cette immense entrepôt. Les chariots à moteur déboulent de toutes parts, on se croirait presque sur une piste de rallye ! Je craignais un peu pour l'odeur, surtout de si bon matin, mais elle est tout à fait supportable. Changement de cap pour Nittori, près du célèbre parc Ueno. Je rêvais d'aller dans ce quartier voir les magasins de textiles. A Paris, le Marché Saint Pierre est un de mes endroits préférés. Le magasin Tomato de Tokyo n'a rien à lui envier. Tissus traditionnels, à pois, à carreaux, ou à l'effigie d'Hello Kitty sont répartis sur huit étages. Quel plaisir de flâner au milieu de toutes ces couleurs, de contempler ces coupons soigneusement pliés. La journée se poursuit par une ballade dans Harajuku et sa Takeshita-dôri ( "dôri" veut dire "rue") Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de jeunes filles habillées en Gothic Lolita ce jour-là, peut être à cause de la pluie. Malgré les soldes, Hélène et moi n'avons pas trouvé notre bonheur dans ce quartier. Disons que les vêtements japonais ne sont pas vraiment taillés pour des occidentales : il n'existe qu'une seule taille, le M, donc toujours trop large, et les manches sont trop courtes. Idem pour les chaussures, les pointures vont du S au LL, soit un petit 39 ! Au delà, il faut aller voir au rayon hommes ! Nous avons tout de même fait une rasia chez Kiddy Land, un immense magasin de jouets, goodies et gadgets kawaii. Retour à Shinjuku et plus précisément à Kabuki-chô, là où se trouve notre hôtel. Kabuki-chô est comment dire le quartier des divertissements... en tous genres : restaurants, salles de concert, game centers, mais aussi love hotels, bars à hôtesses et une petite spécificité bien japonaise, les Host Clubs. Les Host sont des hommes d'une vingtaine d'années, des sortes de geishas au masculin qui vendent leur compagnie aux femmes dans des bars spécialisés. Ce sont des beaux parleurs, qui encouragent leurs clientes à consommer de l'alcool à des prix dépassant l'entendement et usent de leurs charmes pour flatter ces femmes en mal d'affection. Leurs clientes sont en général des épouses d'hommes très riches ou des prostitués qui ont besoin de se sentir aimées, sans pour autant avoir de relation sexuelle. Il y a plus de 200 Host Clubs à Tokyo. Difficile de ne pas remarquer ces immenses affiches où est présenté le menu de la maison, ou encore le Top Ten du mois ! De plus, les Host viennent démarcher leurs clientes dans la rue et ils sont très reconnaissables. Cheveux décolorés, teint mat, costard noir et bijoux en argent, voilà le portrait d'un Host. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce phénomène peu connu à l'étranger, voici un article Wikipédia très intéressant et le torrent d'un documentaire à télécharger (durée : 80 min, sous-titres en anglais et espagnol) La suite, c'est pour bientôt... |